Le tarot de Dionysos

Interprétations Daimonax ©

 

 

INTRODUCTION (4/5)

L’architecture interne du tarot (2/3)

Char de BacchusPour retrouver l’architecture interne du tarot en suivant la numérologie pythagoricienne, il convient donc de partir d’une grille carrée de dix unités sur dix unités, donnant cent carrés, un carré par lame mineure, alors que les lames majeures occuperont chacune deux carrés contigus.

Chaque couleur (bâton, coupe, épée, denier) occupera naturellement un des quatre quartiers de cinq carrés sur cinq carrés obtenus en divisant par quatre la grille d’ensemble de cent éléments.

En suivant l’idée que l’unité – le 1 – multipliée par quatre ramène à l’unité globale de la décade, chaque angle de ce grand carré de cent cases est la place attendue pour placer l’as de chaque couleur.

L’emplacement des couleurs elles-mêmes se divise en deux groupes, le groupe des formes droites, les bâtons et épées, et le groupe des formes circulaires, les coupes et deniers, qui seront respectivement considérées comme des formes « masculines » et « féminines ». Le carré sera donc divisé en deux moitiés, par un axe vertical pour plus de clarté, elles-mêmes divisées en deux autres moitiés, par un axe horizontal de subdivision, avec d’un côté bâtons en haut et épées en bas, et de l’autre coupes et deniers disposés symétriquement.

Chaque quartier des couleurs ayant cinq unités de côté, les 10 nombres se répartissent logiquement en descendant sur un côté si on part d’un angle supérieur, ou montant symétriquement pour les eux angles inférieurs, de 1 à 5, puis remontant (ou descendant pour la moitié inférieure) de 6 à 10, de façon à présenter toujours la même somme de 11.

Chaque quartier de couleur présente encore sur le bord extérieur délimitant l’ensemble, trois cases libres, qui seront occupées logiquement par le Roi, à l’angle intérieur du quartier, s’opposant ainsi à l’as, suivi de la Dame et du Cavalier en allant vers l’extérieur, avec le Valet, d’une classe sociale inférieure, placé sous le Cavalier. Placées ainsi l’une au-dessous de l’autre, ces deux figures rendent parfaitement la relation entre le chevalier, le Cavalier, et son écuyer, le Valet. Une ligne de relations horizontales, donc, associant d’abord le Roi à la Reine, puis au Cavalier, suivie d’une relation verticale allant du Cavalier au Valet ; ce choix de figures résumant ces relations sociales et héirarchiques est apparemment médiéval.

Cette disposition sur cette grille des cinquante-six cartes mineures apparaît bien comme la répétition sur plusieurs modes de la clé première pythagoricienne du « 1 + 2 + 3 + 4 = 10 », et laisse en son centre 44 carrés.

Masculin                                                           Féminin
Bâtons                    Coupes

1

10

C

D.

R

R

D

C

10

1

2

9

V

       

V

9

2

3

8

           

8

3

4

7

           

7

4

5

6

           

6

5

5

6

           

6

5

4

7

     
 
 
 

7

4

3

8

     
 
 
 

8

3

2

9

V

   
 
 

V

9

2

1

10

C

D

R

R

D

C

10

1

Epées                        Deniers

Ceux-ci devront alors être reliés deux par deux pour obtenir 22 cases afin de pouvoir répartitr les 22 atouts. Lier les carrés deux à deux en rectangles n’a pu se faire que de manière horizontale, toutes les recherches entreprises sur une autre méthode ont abouti à des impasses ; ce n’est donc qu’en fonction des résultats obtenus ultérieurement que cette disposition a été retenue ici au détriment de toutes les autres possibilités de grouper ces paires de carrés. Ainsi apparaissent deux ensembles de 11 rectangles, un inférieur et un supérieur, avec un axe de symétrie horizontal, croisant l’axe vertical de la première division « sexuelle » de l’ensemble. Ces deux ensembles sont constitués chacun par une paire de rectangles en haut et un carré (bien que de forme réctangle) de trois rectangles sur trois rectangles, soit un sous-ensemble de deux et un autre de neuf.

 

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VB     VC
     
     
     
     
     
     
VE     VD

 

Les deux paires haut et bas semblent tout indiquées pour accueillir chacune des extrémités des deux séries – de 1 à 1 et de 12 à 21 (plus 0) –, à savoir 1 et 11 en haut, et 12 et 21 (dernier numéro employé dans le jeu, car une carte n’a pas de nombre) en bas. Chacune de ces paires présente un homme et une femme, Le Bateleur pour la 1 et La Force pour la 11, Le Pendu pour la 12 et cette danseuse nue sur Le Monde, la 21, répondant bien à la division sexuelle verticale déjà repérée, ce qui oriente de manière certaine leur placement : 1-Bateleur angle des bâtons, 11-Force angle des coupes ; 12-Pendu angle des épées et 21-Monde angle des deniers.

Ce placement révèle l’importance d’un élément iconographique des quatre cartes ainsi placées : le jeune homme du Bateleur et la femme de La Force sont coiffés d’un énorme chapeau de forme quasiment identique, alors que le jeune homme du Pendu, qui semble être le même que celui du Bateleur, et la danseuse du Monde ont une position des jambes et des pieds symétrique. Ainsi, symétriquement, la 1 et la 11 en haut sont elles-mêmes liées par le haut, avec ce chapeau, alors que la 12 et la 21, en bas, sont liées par le bas, avec les pieds et les jambes. Ces éléments concordant aussi parfaitement ne peuvent en aucun cas pas être le fruit du hasard.

Il y a deux paires visibles dans la première série de 1 à 11, Pape-Papesse et Empereur-Impératrice, qui se placent logiquement aux quatre coins de ce carré de neuf éléments, avec Pape et Empereur côté « masculin » (bâtons) et Papesse et Impératrice côté « féminin » (coupes) – d’autant que la somme des nombres de ces deux paires donne toujours le 7. Arbitrairement, pour l’instant, la paire Pape et Papesse, pouvoir spirituel, occupera les deux angles supérieurs et la paire Empereur et Impératrice, pouvoir temporel, les deux angles inférieurs.

    

    

Le dessin de la carte 10 (au-delà de l’importance pythagoricienne du nombre), La Roue de la Fortune, indique en lui-même la position centrale qu’elle doit occuper dans cette première série, car le centre de l’image est lui-même celui d’un « centre » d’un carré de neuf, formé autour par les rayons de la roue, ses personnages ou encore son socle.

Dans cette série de cartes, une sous-série de trois éléments s’impose d’elle-même, autour de la notion de pouvoir temporel politique, avec L’Empereur, L’Impératrice et Le Chariot, les trois personnages étant munis d’un symbole de pouvoir, un sceptre, ce qui fait placer la 7, Le Chariot, entre l’Empereur et l’Impératrice sur la ligne du bas.

Par voie de conséquence L’Amoureux, la 6, qui a le même jeune homme comme personnage central, doit se placer symétriquement en haut, entre Le Pape et La Papesse, dont il est cependant indépendant d’un point de vue iconographique, contrairement au Chariot en bas.

Les deux cartes restantes, la 8 La Justice et la 9 L’Hermite, se rangent maintenant toutes seules, chacune sur la colonne de son genre  : L’Hermite entre Le Pape et L’Empereur et La Justice entre La Papesse et L’Impératrice.

Pour affiner le placement horizontal de ces images, qui sont par la force du schéma couchées, chacune des deux colonnes latérales est orientée en fonction du modèle défini par la disposition de la paire supérieure, suivant à gauche l’orientation du Bateleur et à droite celle de La Force. Le glaive justicier du sphinx sur La Roue de la Fortune s’oriente logiquement vers la lame s’appelant Justice à droite, sur la colonne féminine, qui présente le même glaive ; là encore, deux détails permettent de lier entre elles deux cartes sur cette architecture.

Enfin, les deux figures mi-humaines mi-animales accrochées à la roue permettent d’orienter les deux cartes correspondantes, au-dessus L’Amoureux et au-dessous, Le Chariot.

Cette disposition de cette première série non seulement est conforme aux détails des images ou à leurs noms, mais l’iconographie elle-même fournit des indices sérieux pour résoudre dans le détail les problèmes de placement sur ce schéma, voire révèle de nouveaux ensembles graphiques, telle la forme générale constituant le décor de fond des trois cartes féminines de la colonne de droite.

 


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