Le tarot de Dionysos

Interprétations Daimonax ©

 

 

III. – Silène et la domina dans le tarot (1/8)

2 et 5. La Papesse et Le Pape (1/2)

La première interrogation qui surgit à ce stade de l’étude touche l’unicité des sources du tarot, car, après ces personnages mystérieux pour le Moyen Age, venus des rites orphico-dionysiaques, voici des fonctions bien plus connues, propres à la société correspondant aux costumes. Le Pape lui-même, par son nom, renvoie à cette chrétienté romaine théoriquement toute-puissante en Europe, du moins le prétendait-elle.

Mais le Pape du tarot est flanqué d’une Papesse, ce qui est déjà beaucoup moins conforme au monde catholique romain. A son propos, on rappelle facilement la légende rocambolesque de la papesse Jeanne, qui n’a jamais existé, parce que c’est la seule papesse connue dans la tradition populaire. Mais, à part le titre, elles n’ont rien en commun. Cette femme hiératique ne peut tirer son nom que de la relation étroite qu’elle entretient avec son correspondant masculin, dont le modèle original a dû subir une contamination beaucoup plus forte que les lames étudiées jusque-là, au point que rien de dionysiaque n’apparaît à la première observation.

Un couple présidant des cérémonies religieuses et une collectivité mystique, car c’est bien ainsi qu‘il faut traduire les termes pape et papesse, se reconnaît aisément sur le stuc bachique de la villa Farnésine, conservé au musée des Thermes de Rome (voir aussi Le Bateleur - 3), avec Silène et une matrone romaine


Une domina sur un trône, voilée, appuyant sa tête sur sa main tout en observant une scène existe égalment sur la grande fresque de la villa des Mystères. Cette peinture introduit un détail supplémentaire avec les tablettes posées à côté de cette matrone.

 

  

La domina de Pompéi a souvent été comparée – à jsute titre – à celle de la mosaïque de Djemila, qui présente bien des scènes semblables ou parallèles, en raison notamment des tablettes posées sur ses genoux. Sur un relief romain conservé au Louvre, le couple constitué de la domina et de Silène accomplit un rituel, devant un autel, aidé d’un jeune enfant qui porte un van rempli de pavot sur la tête ; sur un pilier derrière sont posées également ces mêmes tablettes.

 

 

 

Cette série dionysiaque romaine met en scène deux grands officiants avec Silène et la domina, laquelle se caractérise par le voile, son trône et sa fonction religieuse, et enfin ses tablettes, autant d’attributs qui caractérisent La Papesse du tarot ; aux tablettes est seulement substitué un rouleau de parchemin, leur usage ayant disparu du temps du dessinateur du tarot. La Papesse étant donc un reflet fidèle de la domina des mystères bachiques, il y a tout lieu de reconnaître Silène sous les traits de ce vieillard vénérable du Pape, et de gratter le vernis chrétien pour tenter d’avoir une idée de la scène primitive avant cette contamination médiévale.

Sur la carte du tarot, Le Pape bénit deux moinillons, il marque ainsi son autorité religieuse, mais aussi son pouvoir purificateur avec ce geste. L’équivalent romain devrait figurer Silène avec deux satyres, assis en train d’officier. Là encore, la villa des Mystères de Pompéi a conservé une scène semblable, et vu l’importance de cette fresque pour la connaissance du bachisme romain, du moins campanien, un commentaire détaillé de celle-ci est nécessaire avant de retourner à l’étude du Pape du tarot, pour savoir ce que l’on doit y chercher de signifiant, et trouver, qui permette d’avoir la certitude qu’avant Le Pape Silène occupait bien cette place aux côtés de la domina, ce qui nécessite une digression dionysiaque.


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